Le Bassin d'hier

Le Bassin d’Arcachon est une mer intérieure de 155 km² à marée haute (40 à marée basse) qui est essentiellement alimentée en eau douce par la Leyre et en eau salée par l’océan. L’identité du Bassin d’Arcachon qui s’articule autour d’un patrimoine naturel, maritime et architectural est très liée à l’histoire de ce territoire si particulier. Du Pays de Buch à la destination touristique « Bassin d’Arcachon », laissez-vous conter l’histoire du Bassin par les « Passeurs de Mémoire »1.

Le Pays de Buch

Le Pays de Buch - Histoire du Bassin d'ArcachonAutrefois, le Bassin d'Arcachon était intégré au Pays de Buch. Le terme « Buch » fait référence aux Boïates, habitants du Pays de Buch dès le VIIIe siècle avant J.-C. Cette terminologie était reprise dans la plupart des toponymes du Pays comme c’est toujours le cas actuellement avec la commune de La Teste de Buch.

Sous l’ancien régime, le Captal de Buch, jouissait d’un titre unique en France et régnait sur le Captalat de Buch, dont La Teste de Buch était la capitale. La Teste de Buch était autrefois l’une des plus grandes communes de France.  Une partie de la presqu’île de Lège-Cap Ferret était jusqu’en 1976 rattachée à La Teste de Buch, de Grand Piquey à la Pointe du Cap Ferret.

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, l’activité dans le Pays de Buch était centrée sur le gemmage et la pêche. Le gemmage consiste à récolter la résine des pins. Comme dans la plupart des régions landaise, le gemmage était une activité très répandue sur le Bassin d’Arcachon notamment au cœur de la forêt usagère de La Teste de Buch…

Autrefois appelée « la petite mer de Buch », le Bassin d'Arcachon hérite d’une véritable culture maritime. Les eaux du Bassin constituaient un extraordinaire réservoir à poissons pour les nombreux pêcheurs du Pays de Buch. La navigation dans le Bassin était cependant particulière… très vite, des embarcations spécifiques sont apparues : les pinasses ou tilloles. Ce sont des bateaux à fonds plats qui facilitent la navigation dans les chenaux. Initialement propulsées à la force des bras, ces embarcations ont progressivement été équipées de moteurs. Des tilloles électriques ont même vu le jour récemment !

Témoignage

Christian RABA, ancien charpentier de marine, né le 2 mars 1934 à La Teste de Buch.
« La tillole, c’était le nom donné par l’administration pour les bateaux qui ne pouvaient pas sortir à l’océan, mais en réalité, c’est une pinasse. La pinasse, on retrouve le mot dans un acte notarié de 1555, et en 1827, celui de tillole. »

Le développement de l’ostréiculture

Développement ostréiculture - Histoire Bassin d'ArcachonLe Bassin d’Arcachon est reconnu pour ses huîtres et la qualité de ses naissains. C’est à partir du XIXème siècle que se développe l’ostréiculture sur cette mer intérieure. Déjà, à cette époque, les naissains étaient récoltés sur des tuiles chaulées.

L’huître plate, appelée gravette, est l’huître originelle du Bassin d’Arcachon. Très cultivée au XIXème siècle, elle a été peu à peu remplacée par une variété portugaise à partir de 1920. Dans les années 70, l’ostréiculture a connu des moments difficiles jusqu’à l’arrivé de l’huître « japonaise » Crassostrea gigas. Cette variété est actuellement la plus répandue sur le Bassin d’Arcachon. Grâce à ses eaux calmes et son climat clément, le Bassin alimente en naissains les parcs ostréicoles de la plupart des régions productrices françaises.


Les premiers bains de mer à vocation thérapeutique

Premiers bains de mer à vocation thérapeutiqueDès le début du XIXème siècle, les vertus de l’air iodé et la mode des bains de mer attirent la bourgeoisie bordelaise sur les rives du Bassin d’Arcachon.

A cette époque, la vocation thérapeutique des bains de mer était privilégiée pour lutter contre des maladies telles que la tuberculose.

 

L’émergence du tourisme

Emergence du tourisme - Histoire du Bassin d'ArcachonLa mode des bains de mer s’étend progressivement à une population de plus en plus nombreuse.

L’arrivée du chemin de fer et l’indépendance d’Arcachon en 1856 annoncent les prémices d’une nouvelle ère et d’un nouveau statut pour le territoire : le Bassin d’Arcachon, une destination touristique.

 

Témoignage

André MOULS, né le 1er décembre 1933 à Arcachon.
« En été, le train de plaisir amenait 2 à 3 000 baigneurs pour la journée. Il mettait environ 1h30 pour arriver à la gare de Ségur. Jusque dans les années 1960-70, beaucoup venaient en train. »

1 : Passeurs de mémoire, portraits du Bassin d’Arcachon
PERROGON Franck, DEBEAUMARCHE Anne, MEYRAT Sylvie, 2011.